Romain Dumas : Au Dakar, ce n’est pas la vitesse qui fait la différence, c’est la régularité (2026)

Romain Dumas : Au Dakar, ce n’est pas la vitesse qui fait la différence, c’est la régularité (2026)

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Après une nouvelle participation au Dakar, le pilote français Romain Dumas revient sur une édition exigeante, marquée par son engagement aux côtés de Ford et par un niveau de compétition plus élevé que jamais. Entre imprévus, esprit d’équipe et défis techniques, il livre son analyse d’une épreuve hors norme.

Romain Dumas

Vous disiez récemment que le Dakar est une course où l’improvisation fait la différence. Qu’est-ce ce qui la distingue des autres disciplines ?

Le Dakar est une course qu’on ne peut ni apprivoiser ni anticiper. Il y a toujours des imprévus. Le terrain est tellement austère. Derrière chaque dune, chaque rivière, chaque sentier, se cache un obstacle inattendu. C’est l’opposé de tout ce que j’ai fait auparavant en sport automobile.

“Le Dakar est une course qu’on ne peut ni apprivoiser ni improviser. Il y a toujours des imprévus.”

Romain Dumas

Lire les dunes est souvent décrit comme un langage à part entière. Comment l’apprend-on ?

C’est très délicat. Ça vient avec l’expérience donc la pratique. Il n’y a aucune similitude avec le pilotage sur circuit ou même en rallye classique. Le danger est réel. Par exemple, certaines dunes sont dites « cassées », c’est-à-dire qu’elles ont un versant abrupte qui peut provoquer des tonneaux par l’avant. Il faut rester constamment vigilant. On peut également ressentir une forme de désorientation, comme en pleine mer. On n’a plus aucun repère. Certaines personnes en tombent malades. C’est le “mal des dunes”.

Sur le plan technique, qu’est-ce qui vous a le plus marqué sur le Raptor T1+ ?

C’est clairement la meilleure voiture que j’ai conduite en rallye-raid. Elle est très homogène : les suspensions sont excellentes et le confort est remarquable ce qui limite la fatigue. Le moteur V8 est très linéaire, donc facile à exploiter.

“Le Raptor T1+ est clairement la meilleure voiture que j’ai conduite en rallye-raid. Elle est très homogène : les suspensions sont excellentes et le confort est remarquable.”

Romain Dumas

Au-delà de la voiture, en quoi Ford a-t-il été un soutien clé dans ce Dakar ?

Ford a été un soutien exceptionnel. Ils ont mis à disposition toutes les pièces dont nous avions besoin, les ingénieurs pour nous aider comme pour les calculs de consommation d’essence par exemple… tout était là. C’était la première fois que j’étais soutenus par une équipe officielle, et c’est un énorme avantage.

Romain Dumas : « Au Dakar, ce n’est pas la vitesse qui fait la différence, c’est la régularité »
Romain Dumas : « Au Dakar, ce n’est pas la vitesse qui fait la différence, c’est la régularité »

Quelle a été ta relation avec les autres pilotes Ford pendant le rallye ?

Après une triple crevaison au troisième jour, je savais que ma course était compromise. À partir de là, l’objectif a changé : continuer à progresser et à performer tout en aidant l’équipe. J’ai apporté des pièces aux voitures officielles et notamment pu aider Nani Roma à un moment décisif. C’est quelque chose que je n’avais jamais vécu dans d’autres disciplines. Je pense que Nani aussi s’en souviendra longtemps.

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Quel a été un moment spécialement marquant pendant cette édition ?

Lors de la 8e étape, plusieurs voitures se sont perdues au même endroit. Une quinzaine de véhicules tournaient pour retrouver leur chemin. Elles ont créé un immense nuage de poussière. On ne voyait plus rien, on ne savait plus où l’on était. C’était effrayant. Je craignais de rentrer en collision avec une autre voiture. Et le plus drôle c’est que le premier à s’en sortir était un pilote chinois qui était plus lent, mais plus régulier. Il a signé l’un des meilleurs temps de la journée. Cela résume parfaitement le Dakar. Ce n’est pas la vitesse qui fait la différence, mais la capacité à s’adapter et à rester régulier.

“ Une quinzaine de véhicules tournaient pour retrouver leur chemin. Elles ont créé un immense nuage de poussière. On ne voyait plus rien, on ne savait plus où l’on était. C’était effrayant.”

Romain Dumas

Qu’avez-vous appris de cette édition 2026 ?

Le niveau est extrêmement élevé. La préparation devient essentielle, tout comme la relation avec le copilote. Il faut avoir beaucoup pratiqué et développé des automatismes avec son copilote. On ne peut plus arriver “au pied levé” comme c’était encore le cas à une époque.

Romain Dumas

Romain Dumas : « Au Dakar, ce n’est pas la vitesse qui fait la différence, c’est la régularité »

Quel a été le moment le plus difficile dans cette épreuve ?

Le plus dur, c’est cette triple crevaison. On reste immobilisé pendant des heures. On voit les autres passer, et on sait que la course est perdue.

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Et le meilleur ?

Le meilleur moment, c’est lors de l’étape où j’ai réalisé le deuxième meilleur temps. Ce fut une journée fluide, sans problème, où tout s’est aligné. Juste magique.

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